Narcisse - Marion Pellissier & Joséphine Stephenson

Opéra multimédia

Opéra virtuel

Mar. 22 Mars 2022 20:00
HEXAGONE
Non disponible en ligne Terminé

Si Narcisse emprunte dans cet opéra de Joséphine Stephenson et Marion Pellissier quelques traits du personnage mythologique - cette figure de la beauté manifeste, condamné à n’aimer personne, trop amoureux du reflet de sa perfection qu’il adule comme un autre, cet idéal inaccessible -, il sera avant tout un jeune homme perdu dans sa quête de lui-même. La construction de cette identité, le rapport à l'image, à soi et au groupe constitueront dès lors le fil directeur de l’œuvre.

Dans son passage à l’âge adulte, Narcisse est exposé au succès à travers les médias, les réseaux sociaux. Il est adulé de toute part, des foules de followers le suivent  mais d’autres groupuscules nourrissent une colère et une jalousie viscérale envers lui. Pourtant dans sa solitude, le jeune homme se parle à lui-même, partagé entre le souci permanent d’être à la hauteur de la perfection de son double social et l’isolement dans lequel cet avatar le plonge. 

Pris dans la marée du désir des autres, il sera porté au sommet comme une écume légère puis écrasé sous le poids des vagues, subissant les aléas de son exposition médiatique. Son double est finalement celui qu’il aimerait tant être, celui vers lequel se concentre tout son amour, l’aveuglant du réel, le condamnant à séduire et n’être séduit que par l’artifice.

Sur son chemin, Narcisse rencontre Chloé, qui sera la voix de la répétition, condamnée à ne pas avoir de parole propre. Mais Chloé n’est pas dépourvue de sentiment. Au contraire, elle entrevoit la solitude de Narcisse et les dangers auxquels il s’expose, l’encourageant à s’engager sur le chemin de l’anonymat, du lâcher-prise, un chemin où se fondre dans la masse est une douce consolation à l’hystérie du monde. Mais tel un écho, elle ne reflétera que les doutes qu’il a déjà en lui-même. 

Le projet offre un regard sur la complexité de notre rapport social, en particulier à travers les outils médiatiques dont notre société dispose. 

Si le chant sera ici l’endroit de la sublimation des différents avatars de Narcisse, accompagné de Chloé, éternel écho de son désir de silence et de fuite, un  écran représentera quant à lui le support principal du Narcisse virtuel et de ses followers, celui du simulacre.  

La construction de l'identité, le rapport à l'image, à soi et au groupe seront au cœur de cette œuvre, illustrant un défi bien réel de notre monde contemporain où foisonnent les outils numériques.

Joséphine Stephenson Composition
Marion Pellissier Texte & mise en scène
Benoît Rameau Ténor
Apolline Raï-Westphal Soprano
Emmanuel Olivier Direction musicale et claviers
Juliette Herbet Saxophones et contrebasse

 

Co-accueil Hexagone Scène Nationale Arts-Sciences - Meylan / CIMN - Détours de Babel

Production Arcal. Coproduction Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines Scène nationale

Avec le Soutien d’Arcadi Île-de-France, Fonds de création lyrique (FCL), de la SPEDIDAM et de l'ONDA